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Quand
22.09.2025 | 7:30
7080, rue Alexandra, #506 Montréal, QC H2S 3J5
Média
HD
Billets
En présence de
Gerard X Reyes, Matthew Lax & Jamie Ross
co-présenté par

PROGRAMME

En mai, Dazibao, le centre d’art de l’image m’a invité à programmer une projection à Montréal dans le cadre du prix Jeune tête d’affiche que j’ai reçu cette année. J’ai choisi le nouveau documentaire de l’artiste britannique Sam Ashby, un émouvant hommage en 16mm à l’écrivain·e utopiste, bâtisseuse·eur de communauté et mystique du fisting Purusha, ainsi qu’aux communautés californiennes et du désert du Sud-ouest états-unien d’avant le sida. L’ambiance était électrique et on a dû rajouter des chaises.

Des étincelles de curiosité autour de ces communautés séparatistes queer, sauvages et peu documentées des années 1970 se sont rapidement transformées en feu dans mon entourage. Je me suis dit que j’ai dû organiser d’autres projections afin de canaliser cette énergie. J’ai donc baptisé la série un cinéclub, un peu à la blague, en lui collant un nom greco-romain, à la style gay populaire d’il y a 50 ans : celui du héros grec bodybuilder, Héraklès. Présentées à la librairie queer de livres usagés Mes Pants de Queer devant des salles aussi bondées que la première, même avec une section debout au fond, j’ai eu l’occasion de parler des trous béants dans notre compréhension collective de la tapettitude avant les années de peste. La formule était simple : présenter un grand nom pré-sida jumelé à un court métrage local contemporain. Des films sur les cultures sexuelles et les futurs de l’image en mouvement, là où se chevauchent fertilement pornographie et art contemporain.

On a écouté Fred Halsted, Michael Zen, Frédéric Moffet et Derek Jarman. Tout au long de l’été, en discutant et en préparant mes introductions, ça m’est apparu clair que cette programmation avait besoin d’une conversation plus profonde sur l’état de l’éros et de l’art à Montréal. Dans ces salles remplies d’ami·e·s, d’amants et d’inconnu·e·s, j’ai pu réfléchir tout haut à notre isolement relatif par rapport aux médias expérimentaux et aux cultures underground libérationnistes des villes où les médias queer ont explosé dans les années 1960 et 1970. Quelques mois après Stonewall, de nouveaux cinémas gays débarquaient en Europe et en Amérique du Nord – autant dans des versions « soft » que kinky. Des artistes déclaraient que le porno, c’était de l’art : une filiation audacieuse et crasseuse de la libération gaie, à la fois avant-gardiste et déjà intégrée à un nouveau mainstream gai. Nos films, c’était de la cochonceté!

C’est évident que le sida a cassé notre hédonisme, mais je me suis mis à me demander si l’effet assagissant des régimes de censure médiatique au Canada et au Québec ne pèse pas encore sur ma génération. Au-delà des surprises stylistiques et formelles de ces films, les discussions sur ce qui pourrait constituer une voix tapette distincte ont résonné chez des générations plus jeunes, peut-être sceptiques face à l’amalgame du « queer » comme nouvelle patrie, qui écrase encore quelque chose qu’on essayait d’articuler et qui ne devrait peut-être pas être réduit.

Alors que mon programme d’été tire à sa fin, je réunis deux brillants esprits pour continuer la conversation avec moi en profondeur et réfléchir avec leurs nouveaux films : Matthew Lax de New York et notre Gérard X Reyes bien à nous.
—Jamie Ross

Ecstatic Unity
Gerard X Reyes & Poppy Sanchez | 2024 | Numérique | 19 mins
L’été, les lacs de Berlin deviennent des lieux mystiques où les gens vont transcender leur quotidien. Ecstatic Unity suit Jorge et Gerard dans un voyage rituel vers l’un de ces lacs. Envoûtés par la nature et guidés par leurs instincts primaires, les deux barbus s’abandonnent à une tornade de souffle extatique et de caresses tantriques.A Tired Dog is a Good Dog, Part Two
Matthew Lax | 2024 | Numérique | 47 mins
Une enquête psychosexuelle sur les comportements canins et humains amorcée en 2020. Lax, quadruplé lui-même, collabore intimement avec sa famille éleveuse de colleys, des dresseurs professionnels et des membres des communautés pup play kink de Los Angeles et Paris, où des humains jouent le rôle de chiens. Inspirée par la nouvelle cochonne de 1982 Les Chiens d’Hervé Guibert, Part 2 explore la dynamique de meute et l’entraînement à travers des exercices interespèces de domination, soumission, confiance et consentement. [Première canadienne]Durée : 66 minutes

Suivie d’une discussion avec les artistes et d’une période de questions.

BIOGRAPHIES

Matthew Lax est cinéaste expérimental, artiste et écrivain, travaillant entre Los Angeles et New York. Ses films et installations vidéo ont été présentés entre autres à la Viennale (Autriche), aux Rencontres Internationales (Paris), à table (Chicago), au Los Angeles Contemporary Archive (LACA) et au Winnipeg Underground Film Festival. Il a aussi mené des projets de commissariat à Anthology Film Archives, Human Resources et Fellows of Contemporary Art. Ses textes sont parus notamment dans BOMB Magazine, MARCH Journal, Texte Zur Kunst et Los Angeles Review of Books (LARB). Il est récipiendaire en 2024 d’une bourse Lightning Fund de Los Angeles Contemporary Exhibitions (LACE) et de la Andy Warhol Foundation.

Gerard Reyes est chorégraphe, danseur, vidéaste, enseignant, éducateur somatique en sexualité certifié, coordinateur d’intimité et pionnier de la scène Kiki Ballroom montréalaise. Il a vécu à Montréal, Toronto, New York, Los Angeles et Berlin, où il a collaboré avec des chorégraphes contemporains, vogue et hip hop, dont Jérôme Bel, Benoît Lachambre, Bill T. Jones, Luther Brown et Leiomy Maldonado. De 2006 à 2013, il a dansé avec la Compagnie Marie Chouinard. Sa première œuvre solo, The Principle of Pleasure, explore les thèmes du contrôle et de la séduction. Il développe en ce moment Public Private Parts, une vidéo-installation-performance coproduite par le Festival TransAmériques et Tanzfabrik Berlin.

Jamie Ross est artiste en cinéma, commissaire et auteur. Son premier documentaire théâtrale a remporté le prix du Meilleur court métrage à Hot Docs (2022), portant sur la vie secrète de son père comme danseur de ballet. Les secrets queer, le séparatisme et les modes de vie clandestins nourrissent sa recherche et sa pratique. En 2020, il a mis au jour une société secrète queer victorienne et un musée clandestin de coquillages perquisitionné par la police de Los Angeles en 1914 ; grâce à une bourse Fulbright, ce matériel donne lieu à une série de sculptures, essais et films actuellement en production. Ross réalise son premier long métrage, un portrait des lieux de sexualité en plein air à un endroit boisé à Montréal sur un siècle et demi. Il détient une maîtrise en beaux-arts de UCLA et vit entre Los Angeles et Montréal.

 

PROGRAMME

In May, Montreal image art centre Dazibao invited me to curate a screening in light of receiving their Jeune tête d’affiche prize this year. I selected the new documentary by UK artist Sam Ashby, a moving

16mm tribute to the utopian writer, community builder and fisting mystic Purusha and her pre-AIDS communities in California and the high desert. We had to add chairs, the response was so electric and full.

Sparks of curiosity in the wild and under-documented queer separatist communities of the 1970s soon fanned into flames in my community. I had to arrange more screenings, I decided, to channel this energy. And so I dubbed it a film club, somewhat tongue in cheek, and added a surname of the sort that were popular in North America 50 years ago of the Greek beefcake hero Herakles. Held at Montreal’s queer used bookshop Mes Pants de Queer to equally packed houses, with a standing-room section in the back, I had the chance to expound on the lacunae in our collective understanding of faggotry before the plague years. The rhythm was simple. I would select Interested in sexual cultures and futures moving image at the fertile ‘yes-and-“ overlapping edges of pornography and contempoarary art. One pre-AIDS icon, paired with one local contemporary short.

We watched Fred Halsted, Michael Zen, Frédéric Moffet and Derek Jarman. Over the summer, in conversation and preparing my thoughts to introduce the films, it became clear to me that this syllabus needed a deeper conversation about the state of eros and art in Montreal. In these rooms of friends, lovers and strangers, I had the occasion to wonder aloud on our relative isolation from experimental liberationist media and underground culture in cities where queer media exploded in the 1960s and 1970s. Months after the Stonewall Uprising, new gay cinemas hit theatres in Europe and North America – in both software and kink emanations. Artists declared that porn was art, reflecting a bold and filthy lineage of gay liberation – works that were avant-garde but also part of an emergent gay mainstream. Our film was smutty!

It is a given that AIDS ruptured our hedonism, but I began to wonder about the lingering sobering effect of Canada and Quebec’s regimes of media censorship still have on my generation. Beyond the stylistic and formal surprises in these films, discussions around what be considered a distinct faggot ethic or voice resonated with younger generations perhaps skeptical of the amalgamations of “queer” as a newly minted home country, collapsing further something that we were trying to articulate that perhaps should not be reduced.

As my summer program draws to a close, I am bringing together two brilliant minds to continue a conversation with me in greater depth this time, and think with their new films: Matthew Lax from New York and our very own Gerard X Reyes.
—Jamie Ross

Ecstatic Unity
Gerard X Reyes & Poppy Sanchez | 2024 | HD | 19 mins
In summer Berlin’s lakes become mystical places where people go to transcend their mundane lives. Ecstatic Unity follows Jorge and Gerard on a ritualistic trip to one of these lakes. Enraptured by their natural surroundings and guided by primal instincts, the bearded boys spin themselves into a whirlwind of blissful breath and tantric touch.

A Tired Dog is a Good Dog, Part Two
Matthew Lax | 2024 | HD | 47 mins
A psychosexual investigation of canine and human behaviors initiated in 2020. A quadruplet himself, Lax’s intimate collaborators include the artist’s family, who breed Collies; professional dog trainers; and members of the Los Angeles and Paris pup play kink communities, in which humans role-play as dogs. Structured around Herve Guibert’s 1982 smut novella, Les Chiens, Part 2 explores pack behavior and training through inter-species exercises in dominance, submission, trust and consent.[Canadian Premiere]

Screening runs 66 minutes
Followed by a discussion with the artists and a Q&A.

 

BIOGRAPHIES

Matthew Lax is an experimental filmmaker, artist and writer working between Los Angeles and New York. Lax’s films and video installations have been screened and exhibited at Viennale (Austria), Rencontres Internationales (Paris), table (Chicago), Los Angeles Contemporary Archive (LACA), and Winnipeg Underground Film Festival, among others. Lax’s curatorial projects include those held at Anthology Film Archives, Human Resources, and Fellows of Contemporary Art. Lax’s writing has appeared in publications including BOMB Magazine, MARCH Journal, Texte Zur Kunst, and Los Angeles Review of Books (LARB). Lax is a recipient of a 2024 Lightning Fund Grant from Los Angeles Contemporary Exhibitions (LACE) and the Andy Warhol Foundation.

Gerard Reyes is a choreographer, dancer, video artist, teacher, certified somatic sex educator, intimacy coordinator and Montreal’s Kiki Ballroom Scene pioneer. Gerard has lived in Montreal, Toronto, New York, Los Angeles and Berlin where he collaborated with contemporary, vogue and hip hop choreographers including Jérôme Bel, Benoît Lachambre, Bill T. Jones, Luther Brown and Leiomy Maldonado. From 2006-2013 he danced with the Compagnie Marie Chouinard. His first solo work, The Principle of Pleasure, explores the themes of control and seduction. Gerard is currently developing a video-installation-performance, Public Private Parts, co-produced by the Festival TransAmériques with Tanzfabrik Berlin.

Jamie Ross is a film artist, curator, and writer. Ross was awarded Best Short Film (Hot Docs, 2022) for their theatrical documentary debut, on their father’s secret life as a ballet dancer. Queer secrecy, separatism and clandestine lifeways are abiding focuses of research and art-making. In 2020, Jamie uncovered a Queer Victorian secret society and underground seashell museum raided by the Los Angeles police in 1914, and with a Fulbright Scholarship, on which upcoming sculpture, essay and film programs are being developed. Ross is working on their first feature film, a portrait of the site of outdoor sex in Montreal over the course of a century and a half. Jamie has a MFA from UCLA and lives between Los Angeles and Montreal.